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La dot : entre symbole et exagération au Cameroun

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La dot : entre symbole et exagération au Cameroun

ActuCameroun 17 juillet 2019
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Connue pour unir deux ou plusieurs familles, ce pan du mariage coutumier s’est transformé en véritable commerce de la femme au point d’en perdre de sa substance.

La question de la cherté de la dot est au centre des débats au Cameroun. Il ne se passe plus une journée sans que lors des discussions entre hommes, il ne soit évoqué cette énigme qu’est la dot au point de conforter certains dans leur statut de célibataire très endurci. Pourtant considérée comme une institution coutumière dans un contexte d’égalité des genres, la dot représente l’ensemble des prestations d’ordre matériel ou financier fournies par l’homme, puisqu’exigées par la personne qui exerce l’autorité sur la fiancée, moyennant le consentement au mariage de ladite personne. Vu sous cet angle, la dot, malgré certaines restrictions de la loi, est devenue la condition sine qua non pour officialiser une relation amoureuse entre l’homme et la femme.

D’après une étude menée par votre quotidien, dans la région du Centre comme partout dans le pays, ce qui donne désormais quitus à la réussite d’une cérémonie de dot, c’est la longueur de la liste des denrées agroalimentaires, textiles, boissons, matériaux de construction, etc., présentées par le fiancé. De plus, à cette liste kilométrique, l’on y intègre aussi les demandes des frères, sœurs, cousins, cousines, parentés, ascendants, etc. tant du côté paternel que du côté maternel. Il est à souligner qu’au-delà de toutes ces denrées à acquérir, l’on y inclut des enveloppes qui varient en fonction des familles et des diplômes que la future mariée a décrochés durant son cursus académique. Face à cette “nouvelle forme d’escroquerie” à ciel ouvert, les familles se livrent souvent à des spectacles peu honorant. Bagarres physique et verbale, humiliations à ciel ouvert deviennent, au cours de ces cérémonies, les choses les mieux partagées.

Pourtant, dans son essence, la dot n’était qu’un symbole parce que la famille de la personne dotée était fière d’envoyer une des siennes en mariage. D’où l’aspect jeu de la dot car, l’accent était plus mis sur l’union des familles que sur le matériel. C’est à juste titre que, pour agrémenter la cérémonie, chacune des deux familles, selon sa posture, usait des stratagèmes telles la ruse et les proverbes pour soit contrer l’autre, soit pour convaincre.

Fuite en avant et recadrage. Si pour justifier cet état d’abus graves lié à la dot certains évoquent la précarité et la cherté de la vie, d’autres par contre évoquent le modernisme avec comme principale corollaire l’occidentalisation de la mentalité. D’où l’embrigadement de la pensée au profit de l’appât du gain. Ainsi, le matériel, depuis une vingtaine d’années, a pris le dessus sur le sentimental voire les relations humaines.

Par conséquent, certains en sont même arrivés à penser que «La femme ne se marierait plus par amour, mais’en fonction de la valeur du porte-monnaie de son conjoint.» Pourtant, ia pensée africaine traditionaliste n’a de cesse de. rappeler que «La dot ne finit jamais». Bien qu’elle soit désossée de son aspect sacré, la dot reste et demeure un mal nécessaire mais qu’il faudrait recadrer.

D’ailleurs, le législateur camerounais, malgré quelques zones d’ombres, a su mettre les garde-fous pour limiter tout abus lié au versement de la dot. L’article 357 du code pénal dispose à cet effet que «est puni d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d’une amande de 5000 à 500000 Fcfa, celui qui, promettant le mariage d’une femme déjà mariée ou engagée dans les fiançailles non rompues reçoit la dot. Celui qui, sans qualité, reçoit tout ou partie d’une dot en vue du mariage d’une femme…) celui qui, en exigeant une dot excessive, fait obstacle pour ce seul motif, au mariage(…)».

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