« Les impatientes » de Djaïli Amadou Amal : La condition féminine sahélo-islamique

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L’écriture, notamment la littérature et la poésie, est un lien de dimension à la fois étroite et infinie. C’est une mise en relation entre l’auteur, son imaginaire, son milieu de vie et un monde plus large qui se donne à lire via son entrée en résonnance avec une inspiration singulière. Cela fait de l’art littéraire une forme symbolique. Elle témoigne du fait que la science seule ne suffit à la compréhension d’une société. Prétendre comprendre une société sans sa poésie, sa littérature, sa musique, son théâtre, ses mythes et ses spiritualités est une entreprise vaine, une conquête d’un entendement hémiplégique. On loupe ainsi sa sève nourricière fondamentale car l’Homme, suivant Ernst Cassirer, est un animal symbolique. Et qu’est-ce que le symbolique si ne n’est ce qui nous unit et va au-delà de nous ?

« Les impatientes » de Djaïli Amadou Amal, prix Goncourt des Lycéens 2020, est d’un tel acabit, un bel objet littéraire. Sur 240 pages ficelées dans un style simple et accessible à tous/toutes aux éditions Emmanuelle Collas, la romancière camerounaise fait une peinture sans complaisance, non seulement de la condition féminine dans le sahel islamisé du Nord du Cameroun, mais aussi une mise en exergue tant de la conception de l’amour et du mariage que des rapports hommes/femmes et femmes/femmes au sein des Saaré, sortes de concessions construites autour et par un homme polygame : le mâle dominant dans son harem.

Source : Camer.be

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