Crise anglophone : Quinzaine déplacés déférés au parquet à Douala

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Ces personnes sont accusées d’agression sur les gendarmes, défaut de carte nationale d’identité, prostitution, vagabondage nocturne.

Au cours d’une opération de bouclage le 22 décembre à Douala, 76 personnes tous des ressortissants anglophones, sont arrêtés au quartier Mambanda. Parmi elles, une quinzaine 15 sont déférés au tribunal de première instance de Bonaberi. Ils sont accusés «d’agression sur les gendarmes, défaut de CNI, prostitution, vagabondage nocturne ».

« Ceux qu’on a relâché avaient des cartes d’identités expirées. On leur a donné quelques instructions et montrés dans quel service ils doivent aller pour renouveler leurs cartes. C’est notre travail régalien », explique l’adjudant-chef Christian Mabvuer.

Hervé Dimitri Abada, commandant de la brigade de gendarmerie de Bonaberi, faisait partie des coordonnateurs de l’opération de rafle de décembre. Rencontré dans ses services, il explique que tout s’est déroulé sans aucune violence. Seules quelques personnes qui tentaient de fuir ayant été pourchassées et rattrapées. Il rejette toute forme de violence commise par les policiers, militaires et gendarmes.

Des interpellations violentes

« Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec la population doit être empreinte de courtoisie. Ils n’ont pas le droit de faire des interpellations violentes », se plaint martin Enoh, un cadre de banque parti de la ville de Buéa.

D’énormes dénonciations vont dans le même sens, comme pour réclamer justice. Mais aucune plainte formelle n’est déposée. Pour d’autres, dans ce contexte, ces interpellations abusives ternissent l’image et la réputation du service de police mais également brise la relation de confiance entre la police et le public.

Les notables rencontrés à la chefferie de troisième degré de Mambanda dénoncent aussi d’autres formes d’abus : « C’est à 6h du matin qu’ils ont bouclé tout le quartier. Ils ont dit qu’ils recherchaient surtout les anglophones. Même ceux qui montraient leur carte d’identité étaient arrêtés avec une extrême violence. Ils ont agressé physiquement beaucoup de personnes, et interpellés dans la foulée une centaine d’individus. Ils ont obligé ces personnes à s’asseoir au sol avec les mains sur la tête sous un soleil brûlant», souligne l’un des notables.

D’autres habitants révèlent des pratiques de corruption: «Comme c’était la veille des fêtes, ils ont interpellé dans la foulée beaucoup de personnes. Ensuite, ils ont demandé à certains de payer de l’argent pour être libérés».

Source : Actu Cameroun

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